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Pesticides et risque de trouble du spectre de l’autisme

[Publication] L’équipe de recherche du CRA-LR publie une revue systématique à propos de l’influence de certains pesticides sur le risque d’autisme chez l’enfant.

Publié mardi 2 juin 2020

[Traduction du résumé de l’article original en anglais.]

Pesticides utilisés en Europe et risque de trouble du spectre de l’autisme : de nouvelles hypothèses d’expositions peuvent-elles être formulées au-delà des organophosphorés, organochlorés, pyréthrinoïdes et carbamates ? - Revue systématique.

Contexte : Un nombre croissant de preuves suggère une association entre l’exposition précoce aux organophosphates (OP), organochlorés (OC), pyréthrinoïdes ou carbamates et le trouble du spectre de l’autisme (TSA). Cependant, les données sur les autres groupes de pesticides sont limitées, en particulier en Europe.

Objectifs : Sur la base d’une revue systématique, nous avons évalué l’influence des pesticides neuro et thyrotoxiques agricoles et domestiques (autres que les OP, OC, pyréthrinoïdes et carbamates) autorisés en Europe sur le risque de TSA chez l’enfant ou sur les phénotypes comportementaux liés au TSA chez le rongeur.

Méthodes : Les pesticides ont été initialement identifiés via une base de données de substances chimiques (HSDB) comprenant entre autres, les pesticides. 20 substances actives de pesticides (10 familles) en cours d’utilisation ont été retenus en raison de leur haut potentiel d’exposition. Les études épidémiologiques (chez l’enfant) et in vivo (chez le rongeur) ont été identifiées via les bases de données PubMed, Web of Science et TOXLINE, sans restriction de date ou pays de publication (dernière mise à jour : novembre 2019). Le risque de biais et le niveau de preuve ont également été évalués.

Résultats : Au total, deux études épidémiologiques et 15 études in vivo ont été retenues. Ces études portaient exclusivement sur les familles de pesticides azole, néonicotinoïde, phénylpyrazole et phosphonoglycine. Aucune étude n’a été menée en Europe. Le glyphosate, l’imidaclopride, la clothianidine, le myclobutanil, l’acétamipride, le tébuconazole, le thiabendazole et le fipronil ont globalement présenté une association avec un risque accru de TSA chez les enfants et / ou les phénotypes comportementaux liés au TSA chez les rongeurs. Chez les enfants, le glyphosate et le myclobutanil ont montré un niveau de preuve « modéré » dans leur association avec le TSA, tandis que l’imidaclopride a montré un niveau de preuve « insuffisant ». Chez les rongeurs, la clothianidine, l’imidaclopride et le glyphosate ont présenté un niveau de preuve « élevé » dans leur association avec une trouble comportemental, et une altération de la mémoire et des capacités d’apprentissage.

Conclusion : Dans le cadre de l’étude des facteurs de risque environnementaux du TSA, de nouvelles hypothèses peuvent être formulées sur l’exposition précoce à huit pesticides. Le glyphosate a présenté le niveau de preuve le plus saillant. Compte tenu de leurs propriétés neuro et thyrotoxiques, des études supplémentaires sont nécessaires pour les 12 autres pesticides non encore étudiés comme facteurs de risque potentiels du TSA d’après nos critères d’inclusion.

ONGONO J.S., BERANGER R., BAGHDADLI A., MORTAMAIS M. Pesticides used in Europe and autism spectrum disorder risk : can novel exposure hypotheses be formulated beyond organophosphates, organochlorines, pyrethroids and carbamates ? A systematic review. Environmental Research, 2020. In press. DOI : 10.1016/j.envres.2020.109646


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